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Fanny et Vincent à la conquête du Nouveau Monde

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lundi 21 août 2006

Messe Gospel a la Nouvelle Orleans

Ce matin, nous avons pris un taxi pour nous rendre a la Greater Saint Stephen Full Gospel Church, eglise situee dans la banlieue. A la base, on comptait y aller en taxi, puis marcher quelques blocs pour se retrouver dans Garden District, un quartier residentiel ou l'on peut admirer de belles maisons coloniales. Mais quand on a fait part de nos plans au chauffeur, ils nous a clairement averti : "You don't want to walk in that neighbourhood, believe me. There are only blacks... You don't want to be killed, do you ?". Traduisez par : quartier dangeureux, ne pensez meme pas a vous y ballader a pied si vous tenez a votre peau.

Vu que d'apres lui, il n'y avait pas de bus qui passait pres de l'eglise, on lui a demande de revenir a 11h30, le service commencant a 10h et etant suppose durer 1h15, d'apres le routard. Il nous a deposes en face de l'eglise, en nous recommandant de ne pas nous aventurer trop loin et de l'attendre sagement devant a la fin. La premiere chose qui nous a frappe, c'est le nombre de voitures dans le voisinage. Les parkings, les troittoirs, meme la petite zone de verdure entre les deux voies de la route, tout est rempli de voitures parquees ! Et des gens en sortent, en habits du dimanche, pour converger vers notre eglise.

Nous etions un peu en avance, et c'est l'air un peu perdus que nous sommes rentres dans l'eglise : on etait les seuls blancs, et meme si on avait mis des pantalons et cache nos epaules, je me sentais mal a l'aise en t-shirt parmis tout ces gens endimanches. Un petit comptoir pour les "First time visitors" nous attendait pres de l'entree, ou une dame nous a chaleureusement souhaite la bienvenue et nous a invites a signer un petit registre, histoire de les renseigner d'ou nous venions.

On est ensuite montes au premier etage pour s'installer sur une sorte de gallerie donnant sur l'eglise. Celle-ci est tres grande, et tres differente des eglises qu'on a chez nous. C'est un batiment assez moderne, et les croix que l'on y voit sont "nues", c'est-a-dire sans Christ, ce qui nous fait nous interroger s'ils sont catholiques ou non. Une dame est en plein sermon quand on entre, et l'on est tout de suite frappe par la ferveur et l'intensite de ses paroles : elle parle vite, fort (et dans un micro), a grand renforts de gestes, et les gens lui repondent par des vivats et des applaudissements.

Commence ensuite le veritable service, et c'est une serie de chants (un choeur de 6 personnes avec un micro, une quarantaine sans micro, un batteur, un pianiste et un chanteur solo), que l'assemblee suit plus ou moins (il y a un ecran geant avec les paroles) mais avec toujours autant de ferveur et force applaudissements. Ils dansent, chantent, sautent sur place, et deux danseuses entourent le chanteur principal sur l'estrade.

Apres quelques chants, un homme vient parler des dernieres nouvelles et du programme de la "paroisse", et ils mentionnent les visiteurs du jour, a savoir deux suisses (nous !) et deux francais (un couple plus age, que l'on avait vu au Preservation Hall la veille, ils doivent aussi avoir le Routard ;) !). Nous sommes invites a nous lever, tout le monde nous applaudit et nos voisins tout autour de nous nous souhaitent la bienvenue, nous remercient et nous serrent dans leurs bras.

On sort de l'eglise 1h30 plus tard, tout etourdis par la ferveur, l'intensite, l'emotion degages par cette ceremonie ! Les gens degagent un tel sentiment de bonheur, d'amour et de gratitude, leur comportement envers nous est si amical et chaleureux, qu'on en oublie les malheurs qu'ils ont endures, et presque qu'on risquerait peut-etre notre vie a nous balader dans les quartiers environnants.

On sort vers 11h32, et on attend notre taxi, qui manifestement nous a oublies. Mais bon, vu le hoquet qu'il avait lorsqu'il nous a amene, on se demande s'il n'etait pas un peu bourre a ce moment ! Apres 15 minutes d'attente au bord de la route, on se decide a aller chercher un telephone public, histoire de rappeler un taxi. On fait le tour dans l'eglise, et on en trouve aucun, on va donc demander au jeune qui tient le stand ou sont vendus les CDs de la chorale. Celui-ci n'a aucune idee d'ou on pourrait trouver un telephone, mais une dame nous demande pourquoi on en cherche un, et lorsqu'on lui dit que c'est pour un taxi, elle nous prete son natel ! Mais sa gentillesse ne s'arrete pas la : elle appelle pour nous (le premier numero qu'on avait etait un vieux, qui disait d'en appeler un autre), et commande le taxi ! Decidemment, ces gens sont vraiment genereux.

Apres l'avoir bien remerciee (et qu'elle nous ait plaints en entendant le prix de la course - 16$ pour venir de l'hotel a l'eglise), on sort attendre le taxi a l'ombre devant l'eglise. Apres quelques minutes, une autre dame, qui allait entrer dans sa voiture, nous demande si on attend quelqu'un. Lorsqu'on lui dit qu'on attend un taxi, elle nous demande si on l'a appele, et s'il a l'air de venir. Devant notre air un peu sceptique (on a plus trop confiance en ces taxis), elle nous demande ou nous allons, et nous propose de nous amener ! Voyant deux blancs embarquer dans une grande voiture, un autre type demande a la dame si elle est un taxi, et la dame l'embarque aussi !

Elle nous a amenes jusqu'a l'hotel, et a refuse tout paiement de notre part... C'etait sa bonne action du jour, et sa benediction pour notre voyage !

La mysterieuse disparition du sac fugueur

En arrivant ici a la Nouvelle Orleans mercredi matin, nous avons eu notre premier probleme : en chargeant tous les sacs dans le tramway pour se rendre a l'auberge, on s'est fait voler mon sac a dos. On a fait une sorte de chaine pour entrer toutes nos valises le plus rapidement possible, et forcement, on a quitte des yeux les sacs qui etaient encore sur le trottoir, et une fois tout charge, on a remarque que mon sac a dos n'avait pas embarque avec nous.

Apres avoir pose les bagages, on a fait un tour du quartier et des poubelles avoisinantes en esperant le retrouver, vu qu'il ne contenait pas grand chose susceptible d'interesser un voleur : ma trousse de toilette, trois paires de lunettes, une lampe de poche, un dico francais anglais, un parapluie, etc... et surtout nos deux carnets de voyage, l'un avec tous les details de nos reservations et nos comptes, et l'autre dans lequel on avait assidument ecrit chaque jour tout ce qui nous etait arrive. C'est surtout ce dernier carnet qui nous a fait de la peine, ainsi que le CD avec les photos de nos 3 premieres semaines, le reste pouvant toujours etre rachete a notre retour.

L'apres-midi, petite visite au poste de police pour faire une declaration de vol. C'est marrant, ils ont une sorte de comptoir pour accueillir les gens, et ils sont sureleves par rapport a nous, ce qui fait qu'il leur arrive un peu plus haut que le nombil, mais que nous n'avons que la tete qui depasse. Ca fait se sentir tout petit, et dissuade assez d'essayer de discuter leur autorite ! Tant bien que mal, on a reussi a leur expliquer ce qui s'etait passe, et ils nous ont donne un petit papier pour obtenir la declaration une fois passee devant tous les gens qui doivent l'approuver.

Le lendemain matin, en quittant l'auberge, nous voila pris d'un fol espoir : la reception nous informe que la police a appele, qu'elle a trouve notre sac, et qu'on peut passer au commissariat le chercher. Tout contents et admiratifs de l'efficacite de nos amis les policiers, on se rend au poste en debut d'aprem. La, premiere deception : ils ne sont pas au courant que quelqu'un nous a appele, et ne savent pas ou peut etre le sac. Comme on ne connait pas le nom de l'officier qui a appele l'auberge, et qu'il y en a beaucoup beaucoup, ils ne peuvent pas se renseigner, mais nous disent d'aller voir au "Central Property and Evidence" ou ils envoient tous les objets personnels qu'ils trouvent.

Nous passons par l'office du tourisme pour leur demander ou se trouve cet endroit, et on apprend qu'il est assez pres de notre auberge (donc pas du tout la ou on se trouve en ce moment) mais qu'il n'est ouvert que jusqu'a 2h. On devra donc attendre le lendemain matin. On se dit que vraiment, ce sac sait se faire desirer !

Le lendemain, reveil tot pour aller chercher le sac a l'ouverture du centre ou il doit se trouver. Deuxieme deception apres avoir a nouveau explique toute l'histoire: ils ne l'ont pas recu, et n'ont aucune trace de lui dans leur ordinateur. Ils nous proposent un donut pour nous consoler, mais on vient de prendre le petit dej', et on est quand meme bien decus.

Dans l'apres midi, on retourne au poste, et on leur raconte a nouveau l'histoire qui commence a etre longue avec tous les nouveaux episodes ! On leur demande ce qu'on peut faire, et ils suggerent de revenir apres 11h le soir pour parler au service de nuit, puisque c'est la nuit que l'appel a ete passe a notre auberge. On reste donc en ville jusqu'a 11h, et on parcourt une fois encore la rue menant au poste, qu'on commence a connaitre par coeur. On se retape toute l'histoire une enieme fois, et la, les flics sont moins sympa que les autre fois: ils n'ont pas l'air de s'interesser a notre cas, nous disent qu'on avait qu'a avoir le nom de l'officier qui a appele, et qu'il faut attendre qu'il rappelle. Il faut dire qu'ils sont plus occupes la nuit, a voir les deux gars menottes qu'ils ont ramene pendant le quart d'heure ou on etait dedans ! En tout cas, une fois de plus, nos espoirs sont decus, et on commence a se demander si c'etait pas une erreur, bien que le flic de nuit nous ait dit que c'etait surement vrai, mais que celui qui l'avait retrouve devait l'avoir garde dans un coin, et qu'il fallait attendre qu'il se decide a s'en debarasser.

Voila l'histoire du sac vole, retrouve, identifie, reperdu, recherche de tous mais si bien cache ! On ne peut qu'attendre, en esperant qu'un jour on recoive un mail nous disant que notre sac a ressurgi d'un fond de placard, et qu'ils nous le renvoie... En attendant, on est dans la meme situation que s'ils ne l'avaient pas retrouve, mais on a passe 4 jours a esperer et a lui courir apres.... sale capricieux, va !